La vie ressemble souvent à une longue randonnée.
Parfois, ça grimpe sec. Tu t’essouffles, ton cœur s’emballe, l’altitude te donne le vertige et tu te déshydrates. Tu ne vois pas le bout du chemin. Dans ces moments-là, en regardant derrière toi, tu n’as qu’une seule envie : redescendre. Retourner à cette époque où grimper semblait tellement moins compliqué. Pourtant, sans que tu t’en rendes compte, pendant que tu luttes à chaque pas, une véritable machine de guerre est en train de se construire à l’intérieur de ton corps.
Puis, au détour d’un sentier, j’ai rencontré des femmes inspirantes. Des femmes qui, elles aussi, grimpaient cette montagne qu’est la vie. J’ai repris la route à leurs côtés, mais cette fois-ci, avec une énergie différente : plus de calme, plus d’ancrage, plus de méditation.
Pourquoi manquais-je d'oxygène ?
J’ai pris le temps de méditer. Je me suis recentrée et j’ai réfléchi à chaque étape que j’avais traversée jusqu’ici. Je me suis demandé pourquoi, à certains moments précis de cette ascension, j’avais eu l’impression de manquer cruellement d’oxygène.
La réponse m’a frappée : je ne me concentrais jamais sur moi-même. Je ne savais plus vraiment qui j’étais.
Faisons le test. Si tu me demandes :
« Hana, qui es-tu ? »
Instinctivement, je vais te répondre que je suis maman. Que je suis professeure. Que je suis entrepreneuse.
Si tu pousses un peu et que tu me demandes :
« Et quelles sont tes qualités ? »
Je vais te répondre que je suis « patiente ».
Mais prenons un peu de recul. Pourquoi toutes mes réponses sont-elles systématiquement tournées vers une casquette précise ? Pourquoi mes « qualités » se résument-elles à des traits de caractère qui sont utiles aux autres ?
Pourquoi je ne pourrais pas juste être « Hana », et avoir comme qualité profonde le fait d’aimer méditer ? Est-ce que j’ai si peur que ça de ne plus exister si je ne suis pas au service des autres ?
Le piège de "l'utilité"
Nous vivons dans une époque paradoxale. On nous pousse constamment à exister à travers les autres et pour les autres. Même dans l’entrepreneuriat, le discours dominant est tourné vers l’extérieur : on entreprend pour ACCOMPAGNER, pour AIDER, pour SERVIR…
Mais pourquoi ne pourrions-nous pas simplement être nous ?
Pendant longtemps, j’ai cru que l’entrepreneuriat consistait uniquement à me donner aux autres. En réalité, entreprendre m’a surtout appris à me découvrir.
Je pensais m’être perdue en route. Pendant des années, j’ai tenu debout en endossant un costume, un personnage bien rodé dont le seul discours intérieur était : « Je vais gérer. Je vais aider. Je vais trouver une solution. Je vais patienter. »
Bas les masques
Aujourd’hui, je dois me rendre à l’évidence : ce personnage me coûte beaucoup trop cher.
Certes, il m’a été d’une grande utilité pendant toutes ces années. Il m’a permis d’avancer, de construire, de protéger. Mais la facture énergétique et émotionnelle est devenue trop lourde.
Je ne cherche plus le développement personnel à outrance. Aujourd’hui, je ne veux pas être « une meilleure version de moi-même ». C’est épuisant de toujours chercher à s’améliorer pour correspondre à un idéal.
Aujourd’hui, je veux juste être moi.
Il ne me reste plus qu’à répondre à cette question, la plus vertigineuse de toutes : Qui suis-je ?


